"Le 20 novembre de chaque année se célèbre le "Transgender Day of Remembrance" (Journée de la Mémoire Transgenre), ou TDoR, journée internationale à la
mémoire des personnes transgenre (transsexuéEs, travestiEs, "gender variant"...) assassinées dans des crimes de haine. Cette journée a été initiée en 1999 par Gwendolyn Ann Smith, une militante
transgenre de San Francisco, qui entretient un site Web de recensement des crimes de haine commis contre des personnes transgenre aux Etats-Unis et de par la planète : www.rememberingourdead.org
. Site qui nous rappelle à quel point la haine transphobe violente est quotidienne et omniprésente dans la vie des personnes transgenre.
Si cette violence est relativement bien documentée, par le travail constant des militantEs, sur le territoire des Etats-Unis, elle concerne néanmoins tous les pays, y compris la France : crime
transphobe atroce de Haguenau en 2002, crime à la fois homophobe et transphobe de Nancy en 2003, crime transphobe de Marseille en 2004, un crime particulièrement cruel et scandaleux commis au
Portugal en 2006, divers crimes transphobes commis bon an mal an contre les travailleuses du sexe transgenre du Bois de Boulogne à Paris... Bref, ça ne se passe pas qu'à l'étranger, mais bien
chez nous, devant nos portes.
Et quasi personne ne s'y intéresse : la Police et la Justice étouffent souvent les affaires en classant ces crimes comme "simplement crapuleux", la presse n'en parle que très rarement, la Loi
française ignore la transphobie, et les personnes transgenre elles-mêmes baissent souvent les bras devant tant d'indifférence, comme si se faire assassiner juste à cause de sa "différence"
faisait partie des choses normales de nos vies. On dirait que la maxime globale serait "Mais qu'est-ce que ça peut foutre qu'unE trans' crève ?"
Chez Support Transgenre Strasbourg, nous ne l'entendons pas de cette oreille : nous militons pour nos droits égaux, pour le droit à la différence, et pour le droit de ne pas avoir à subir la
Haine. Au "Mais qu'est-ce que ça peut foutre qu'unE trans' crève ?" nous répondons "Mais qu'est-ce que ça peut foutre que nous vivions, que nous soyons différentEs de vous, et visibles ? Ca vous
enlève quoi de nous accepter à égalité avec vous ?"
Et nous travaillons à débusquer et prévenir la transphobie "ordinaire" qui nous entoure au quotidien, car cette "petite" transphobie est le signe d'une haine réelle, haine qui peut très vite se
transformer en actes criminels graves. La transphobie n'est pas plus une "simple opinion" que p.ex. le racisme ou n'importe quelle expression de haine.
Pour nous, la Haine n'est jamais acceptable, et nous travaillons à démonter la culture de la Haine dans laquelle on nous maintient dans cette société et dans cet Etat.
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Notre atelier aux Epines du 18 novembre 2007 prendra donc appui sur le Transgender Day of Remembrance afin de montrer en quoi consiste la transphobie dans notre société, d'où elle provient, qui
elle sert (car elle est à l'évidence un véhicule de discriminations délibérées), et comment on peut la prévenir et la combattre. En montrant en même temps en quoi la transphobie fait partie d'un
véritable Système de Haine
bien plus vaste, Système qu'il s'agit également de combattre, dans une convergence des luttes. Et en espérant vous sensibiliser aux causes et luttes des personnes transgenre, causes qui sont
représentatives d'autres causes et luttes dans notre société.
Dans la suite de l'atelier du 18 novembre sur la transphobie, la projection du film "Boys Don't Cry" le 20 novembre au Epines montrera l'histoire détaillée d'un des crimes transphobes les
plus connus, et les mécanismes sociaux qui créent et entretiennent la haine transphobe.
Le débat qui suivra la projection est censé analyser ces mécanismes et montrer comment nous pouvons lutter tous/-tes ensemble contre la transphobie."
L'atelier sera animé par Cornelia du groupe Support
Transgenre Strasbourg ( www.sts67.org )."
café associatif autogéré LES EPINES